Nutriscore veut étiqueter le vin !

Le système controversé Nutriscore fait une nouvelle victime : le vin. Malgré les centaines d’études réalisées au cours des 50 dernières années attestant de la santé absolue du vin, qui aide effectivement le corps humain dans de nombreuses petites situations, selon Serge Hercherg, l’inventeur de Nutriscore, ce n’est pas le cas. Au contraire, selon le médecin français, le vin est vraiment mauvais pour la santé, à tel point qu’il a créé une catégorie distincte, avec une lettre différente et une couleur différente jamais utilisée auparavant : jusqu’à présent, l’étiquette des feux de signalisation comportait les trois couleurs canoniques et un système allant de « A » à « E » pour indiquer le danger.

Pour le vin, un « F » a été ajouté pour être imprimé sur un champ noir à apposer sur les étiquettes de vin, indiquant le danger maximal du produit. Le système Nutriscore vise à classer tous les produits alimentaires, et ceux qui contiennent une quantité même minime d’alcool sont, selon lui, les plus dangereux.

Tous les défauts du Nutriscore

Jusqu’à présent, la « question du Nutriscore » a été traitée comme un match de football : les méchants Français veulent attaquer le régime méditerranéen et nos traditions parce qu’ils sont jaloux de notre territoire. Cela est compréhensible, puisque Nutriscore place les chips plus haut que l’huile d’olive extra vierge sur l’échelle des feux de signalisation. Cette fois, cependant, c’est différent : le vin est autant français qu’italien, donc l’hypothétique dommage au secteur du vin serait autant pour les Français que pour les Italiens.

Le chef de l’Elysée a également rappelé son rôle central dans l’économie avec 500 000 emplois directs et indirects liés à la filière et que les Français boivent désormais moins mais mieux. En France, comme en Italie, le vin est l’expression de la culture et des territoires et fait partie du régime méditerranéen. La consommation modérée et consciente doit être encouragée et ne doit pas faire l’objet d’une discrimination obtuse », a conclu M. Centinaio.

Tout sera révélé le lendemain de la Saint-Valentin

Pour l’instant, la proposition de Serge Hecberg n’est qu’une proposition qui suscite beaucoup de discussions. Cela pourrait être le cas, également parce que l’homme n’est pas étranger à ces prises de position tranchées : dans son pays, il est un épidémiologiste et un nutritionniste très respecté, mais il est tout aussi controversé en raison de positions qu’il ne partage pas toujours. La semaine dernière, la réponse à ceux qui ont critiqué le « F » noir sur les produits alcoolisés a toujours été plus ou moins la même, Hecberg étant prêt à évoquer le « lobby du vin », critiquant les journalistes qui cèdent à ces industriels et qualifient l’alcool de cancérigène. Une simple comparaison suffit à démentir cette affirmation : les boissons gazeuses sont classées « E » en rouge, le score minimum, mais avec cette nouvelle proposition, tout type d’alcool serait encore pire.

Le propos est beaucoup plus large : le « F » noir ne concerne pas seulement le vin dont la teneur en alcool est comprise entre 4 et 20 %, il concerne tous les produits dont la teneur en alcool est supérieure à 1,2 %. L’inventeur de Nutriscore a déjà fait une proposition de ce type dans le passé, mais l’UE a immédiatement renvoyé l’initiative et pourrait faire de même cette fois-ci. Toute l’affaire Nutriscore sera résolue d’une manière ou d’une autre le 15 février, lorsque l’Assemblée plénière du Parlement européen votera (presque certainement en faveur) du nouvel étiquetage dans notre communauté. Nous aurons le temps et la possibilité de discuter, mais à partir de la semaine prochaine, l’étiquetage pourrait bien changer de visage, et pas nécessairement pour le mieux.

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