Histoire du cidre

_APA7396-48

Le cidre partout où il y a des pommes

L’origine du cidre remonte à la nuit des temps. On trouve la trace de ce « vin de pomme » chez les hébreux, les romains et les grecs. Il s’agissait alors d’un breuvage réalisé à base du jus fermenté de fruits sauvages. En Biscaye (Pays basque) était consommé le « Phitarra », une boisson obtenue à partir de morceaux de pommes et de miel bouillis dans de l’eau. Ce « sydre » issu de pommiers de meilleure qualité fut ramené dit-on en France au VI siècle par des marins dieppois. Il est à l’origine du cidre tel qu’on le connait aujourd’hui.

Des ouvrages du IXe siècle font référence à des allées de pommiers entourant l’Abbaye de Saint Wandrille. Mais c’est réellement à partir des XIe et XIIe siècles que la culture des pommiers voit le jour en France, sous l’impulsion des religieux. Les régions productrices d’un vin de médiocre qualité en raison du climat peu favorable aux vignes se tournent alors vers cette nouvelle culture. Il en est ainsi en Normandie, en Bretagne, en Picardie et en Ile de France. L’âge d’or du cidre démarre.

A partir du XIIIe siècle, la production et la vente du cidre vont considérablement se développer dans tout l’ouest et le centre de l’Europe, notamment grâce à l’invention de la presse. Les progrès apportés au XIVe siècle dans la sélection des espèces d’arbres et de fruits et les méthodes de fabrication vont permettre au cidre de conquérir toutes les catégories sociales et de devenir une des boissons privilégiées des français, supplantant même au XVIe siècle le vin et la cervoise.

_APA7343-21

En Normandie, les pommeraies acquièrent leur plus haut degré de prospérité. Le cidre peu cher et produit en abondance, devient la boisson régionale. Son essor est favorisé par de royales décisions. En 1259, Saint Louis interdit, en période de disette, la production de boissons fermentées à base de grains. Charles IX soumet à l’arrachage le vignoble normand pour favoriser les cultures céréalières. De multiples taxes locales sur les vins et le houblon incitent les producteurs à se tourner vers cette boisson en pleine expansion.

Le succès du cidre ne se dément pas jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Très consommé avant la 2ème guerre mondiale, le cidre était encore à cette époque la deuxième boisson préférée des français après le vin et juste devant la bière. Les mesures gouvernementales prises dans les années 50 pour réguler la surproduction, les changements dans les habitudes de consommation, la concurrence des vins étrangers ont entrainé une baisse significative de sa consommation.

Il retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse grâce à la mobilisation des professionnels. La règlementation dans les procédés de fabrication, l’attrait des producteurs pour des fruits d’excellente qualité et pour une culture plus respectueuse de l’environnement, garantissent aux consommateurs l’assurance de pouvoir apprécier tout au long de l’année un produit naturel exempt de défauts, rafraichissant et léger, simple et équilibré, mêlant tradition et modernité.

Étymologie

« Shekar » en hébreu, selon St- Jérôme.
« Sikera » en grec, selon Diodore de Sicile.
« Sicera » pour les Romains.
« Chistr » pour les Bretons.
« Sizra » pour les Catalans.
« Sidra » pour les Basques.
« Cider, Applevintage » pour les Britanniques.
« Apfelwein, Most ou Viez » pour les Allemands